Objectifs Hebdo - Les débats étaient houleux le mercredi 12 mars dernier à l’Assemblée générale d’Abidjan Catéring. Les petits actionnaires présents ont combattu énergiquement les différentes propositions du conseil d’administration. Les 3 principales résolutions soumises au vote n’ont été validées que grâce à l’unique voix du représentant de l’actionnaire majoritaire. Les 134 autres actionnaires qui ont fait le déplacement ont tous voté contre la radiation des actions d’Abidjan Catering de la bourse régionale de l’Uemoa (Brvm) et la réalisation d’une offre publique de retrait. L’opposition des actionnaires était telle que même la dernière résolution, habituellement approuvée à l’unanimité qui confère à la direction de l’entreprise le droit d’effectuer les démarches légales et réglementaires relatives aux décisions de l’assemblée n’a recueilli que quelques voix.

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Quel est le problème à Abidjan Catering ?
Depuis le début de la crise socio politique en Cote d’ivoire, le trafic des passagers à l’aéroport d’Abidjan a connu un grand coup, passant de 1,2 millions passagers en 1999 à moins de 800 000 passagers en 2002. Cela a porté préjudice à l’entreprise qui est spécialisé dans la restauration à bord des avions, le commissariat et la gestion des stocks de matériel des compagnies aériennes. Après avoir aligné 3 résultats négatifs de 2004 à 2006, les capitaux propres étaient devenus inférieurs à la moitié du capital social qui est de 1,728 milliards de FCFA.

Or selon l’acte uniforme de l’OHADA qui régit les sociétés commerciales, il faut dans ce cas soit dissoudre par anticipation la société, soit réduire son capital d’un montant supérieur ou égal aux pertes dans les 2 prochaines années si la valeur des capitaux propres ne dépasse pas la moitié du capital. Deux ans après l’assemblée générale de juin 2007 qui a refusé de dissoudre l’entreprise, la direction est maintenant dans l’obligation de réduire le capital social avant juin prochain, selon son avocat.

C’est dans ce contexte que l’entreprise de droit français, Servair Investissements Aéroportuaires (SIA), qui a racheté 70,8 % des parts appartenant à Accor et à une partie du personnel l’année passée, veut en profiter pour racheter les parts des autres actionnaires qui le désirent et sortir Abidjan Catering de la bourse. Selon son représentant, SIA réaliserait plus facilement ses objectifs dans Abidjan Catering si la société n’était pas cotée en bourse.

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Les actionnaires minoritaires ne comprennent pas ce discours. Ils se demandent qu’est ce que SIA peut faire pour Abidjan Catering qui serait impossible en bourse ? Ils estiment avoir trop attendu la rentabilité de leur société pour en sortir maintenant que les résultats s’améliorent. Le bilan provisoire de l’exercice 2008 montre un résultat net positif à 53 millions de FCFA après 4 ans de négativité. L’un d’eux a déclaré que « Validez l’offre publique de retrait sans savoir à quel prix les actions seront rachetées, c’est donner un chèque en blanc à SIA ».

Monsieur Dieudonné, l’unique blanc de l’association des petits porteurs (Aascot Brvm que nous vous avons présenté dans un numéro précédent), a relevé le cas d’Uniwax qui a connu les mêmes difficultés et qui s’est relevé après une recapitalisation sans sortir de la bourse.

Comme pour effrayé l’actionnaire majoritaire, un autre actionnaire, M Danho, qui a été dans le comité de privatisation d’Abidjan Catering pour le compte de l’état ivoirien à la fin des années 1990 a estimé que ce problème était politique, car l’état ivoirien qui a encouragé les ivoiriens à l’actionnariat populaire devra dire si c’était son souhait de voir les entreprises être retiré de la cote sans que les gens aient eu l’occasion d’en tirer profit. Il dit avoir écrit au ministre des finances et au premier ministre à cet effet.

Qu’est ce qui va se passer maintenant ?
Tout porte à croire que SIA continuera la procédure pour réaliser son offre de retrait, les petits actionnaires ne peuvent l’invalider que si au moins 100 d’entre eux, refusent de vendre leurs actions lors de cette opération. Beaucoup ont estimé pendant les débats que la mise en vente de nouvelles actions était plus appropriée pour régler le problème. Le repreneur français devra donc miser gros pour les faire changer d’avis et atteindre ses objectifs. Comme vous le voyez, le feuilleton Abidjan Catering continue et Objectifs Hebdo le suivra pour vous.

Euclide OKOLOU de www.okibat.com pour Objectifs Hebdo