Objectifs Hebdo - La Société Africaine de Plantations d’Héveas (Saph) a tenue son assemblée générale ce vendredi 24 avril. Monsieur Jean Louis Billon, le président de son conseil d’administration a annoncé aux actionnaires que l’entreprise a fait un bénéfice record en 2008 de 19,974 milliards de FCFA, en augmentation de 35% par rapport à l’année précédente. Mais malheureusement du fait de la crise économique qui sévit dans le monde avec ses effets sur le cours international du Caoutchouc et l’industrie automobile, le dividende de 1174 FCFA par action, proposé cette année sera en régression de -58% par rapport à l’exercice passé. Une résolution que les actionnaires présents ont validé à une très forte majorité.

Il faut noter qu’avant le vote des résolutions, Monsieur Jean Pierre Blondeau, le directeur général a Jean_Louis_Billonexpliqué qu’en interne ils ont commencé à se préparer à la crise depuis juillet 2008, en travaillant sur des contrats à terme et en réduisant le budget 2009 de moitié pour n’investir que 3,5 milliards de FCFA dans ce qui est sûrement rentable.

Le spectre du début des années 2000, où l’entreprise a connu d’énormes difficultés, plane sur l’équipe managériale. Les nouvelles de baisse de l’industrie automobile de 30 à 40%, alors qu’elle est la principale consommatrice de caoutchouc dans la fabrication des véhicules neufs et les fermetures d’usines de pneumatiques dans le monde n’encouragent pas. D’ailleurs, si l’on considère le premier trimestre, M Blondeau a sous-entendu que le résultat était inférieur à celui de la même période l’année passée. Et ce malgré les productions usinées et vendues qui sont supérieures aux prévisions. Les conditions du marché en pratique sont telles que la légère augmentation du cours du caoutchouc par rapport à décembre 2008 ne se ressent pas. L’Asie est actuellement la principale destination des productions de la Saph, mais demande 500 à 600 euros de décote par tonne.

A la question de savoir s’il n’était pas mieux dans ce cas d’envisager la mise en place d’une usine locale de pneumatique, le président Jean Louis Billon a expliqué que le marché local et sous régional n’est pas suffisamment important pour nécessiter un investissement dans une usine coûteuse alors que nos véhicules sont en général importés et nos pneus, d’occasion. Les récentes expériences au Nigeria et dans d’autres pays africains le soutiennent.

Rappelons que la Saph existe depuis 1956 et emploie 6224 employés repartis sur le territoire ivoirien. Son capital social de 14,593 milliards de FCFA est partagé entre la Siph (65.77%), la Compagnie Financière Michelin (9.89%) et la Banque nationale d’Investissement (2.69%) et d’autres privés (21.65%).

Euclide Okolou de www.okibat.com