Objectifs Hebdo - Dans la tour BIAO, sur la rue des banques, se trouvent les bureaux de Hudson & Cie, la plus ancienne des sociétés de bourse indépendante (non affilié à un réseau bancaire) en Cote d’Ivoire.
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Créé en 1995, d’abord comme une société d’ingénierie financière, Hudson Finances est devenue en 1997, la société de gestion et d’intermédiation (sgi) Hudson & Cie. Dans un secteur d’activité très concurrentiel, Hudson & Cie nage à coté de concurrents affiliés à de grosses structures bancaires de la place et disposant de réseaux d’agences en croissance continue. Dans ce contexte, elle a axé sa stratégie de développement sur une clientèle institutionnelle et haut de gamme. Elle offre à ses clients des services d’analyses financières sur les sociétés cotées et une capacité d’exécution d’ordre de bourse selon les normes internationales. A ce titre, celle qui représente 15 à 20% du volume des transactions à la BRVM, sur la vingtaine de courtiers agréés, s’est dotée en 2008 d’une salle de marché de dernière génération.

Aujourd’hui la clientèle internationale constitue la majeure partie de son portefeuille client. C’est là qu’intervient l’expérience internationale de son fondateur et directeur général, Monsieur Jean Luc Bédié. Lui, le diplômé de Citicorp Institute for Global Finance (Centre de formation de la Citibank à New york) qui a été vice président, corporate finance de la Meridien Bank International Limited à New York avant de rentrer au pays en 1995. C’est d’ailleurs le souvenir du fleuve new yorkais Hudson river, qui a inspiré le nom de l’entreprise.
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Le discret fils de l’ancien président, pour qui venir participer au développement de son pays, n’était pas une option, dirige la maison au quotidien. Il importe des concepts nouveaux comme la participation de salariés au capital. En effet à l’instar de banques anglo-saxonnes, Hudson développe une culture de partnership qui a permit à certains de ses quatorze collaborateurs de détenir 20% du capital de l’entreprise à la suite d’une augmentation de capital de 290 millions de FCFA à 500 millions de FCFA, en 2008.
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Au quotidien, Hudson & Cie, assure aux entreprises les conseils financiers stratégiques et l’assistance dans les levées de fonds, à coté des opérations classique de marché et ses activités de recherches et d’analyses financières. Elle est fière de sa base de données financières qui remonte au temps de la bourse des valeurs d’Abidjan. Elle ne risque donc pas d’être de ceux qui offriront 1 million FCFA par an à la Brvm pour utiliser le site de base de données financières en cours de confection. Les opérations de marché occupent aujourd’hui la plus grande partie du chiffre d’affaires

. L’entreprise qui a conseillé Uniwax pour son relèvement financier en 2006, et d’autres sociétés comme le groupe Octide pour la cession de sa participation majoritaire dans le capital de Sicor ou le groupe Ips pour la privatisation de Cidt, ne traite pas encore avec des petits porteurs. Elle pense à offrir de la valeur ajoutée au grand public à travers un fonds de placement, lorsque certaines conditions seront réunies.

En ce qui concerne le débat initié par Objectifs Hebdo dans son numéro 9, demandant aux entreprises cotées de publier des résultats trimestriels et non semestriels comme d’habitude, le directeur général de Hudson & Cie « soutient à 300% cette idée ». Il regrette que des entreprises qui pourtant sont filiales des grandes multinationales habituées à la transparence, puissent ici s’appuyer derrière l’Ohada pour faire le minimum. L’OHADA, un texte qui a besoin d’un toilettage approfondi, qui doit être amendé en plusieurs points, notamment sur les aspects du droit boursier. Il souhaite que l’autorité de régulation et surtout les Etats incitent les entreprises à faire mieux que l’OHADA en publiant des résultats trimestriels. Ce d’autant plus qu’en réalité, les sociétés cotées disposent en interne d’un système de reporting mensuels rendant la publications de résultats beaucoup plus facile.

Euclide Okolou de www.okibat.com