Objectifs Hebdo - En juin 2008, le district d’Abidjan a été « inondé » de panneaux faisant la promotion d’un nouveau service dénommé Scash et dont la promesse était « le message qui paie ». S.com, l’entreprise promotrice de la solution Scash, venait de sortir du bois pour présenter au grand public son « bébé ». Elle annonçait que, grâce à des recharges semblables à celles des opérateurs de téléphonie mobile et à un simple SMS, on pourrait désormais payer des factures et des médicaments en pharmacie, transférer de l’argent à d’autres propriétaires de comptes Scash, se procurer des unités de communication mobiles, acheter des tickets électroniques pour participer à des concerts et autres événementiels.

scash

Avec le temps,l’inscription a été facilitée : s’il fallait, au départ, obligatoirement se rendre dans une des agences Scash, il a suffi, plus tard, d’acheter une recharge SCASH, de découvrir le numéro à 14 chiffres, d’envoyer les 14 chiffres au serveur SCASH par SMS, de noter son numéro de compte après effacé de son téléphone (pour se prémunir des conséquences d’un vol, par exemple), et d’initialiser par SMS un mot de passe composé de six chiffres.

« En réalité, Scash est le fruit d’une longue réflexion, qui a duré cinq ans, à la suite de laquelle nous avons construit une plateforme informatique dont découlent plusieurs produits parmi lesquels Scash. On est allés voir les banques, les établissements financiers, et des opérateurs de téléphonie mobile. Il faut croire qu’ils ont préféré développer leurs solutions en interne », explique Eloi Aka Wagnon, directeur commercial de S.com.

Sans fioritures inutiles, il partage un constat, après un peu moins d’un an de « contact » avec le marché : « Aujourd’hui, nous avons environ 2100 personnes qui ont utilisé au moins une fois le service. C’est largement moins que ce que nous espérions. » Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Le staff de la PME évoque, à mi-mots, un manque de moyens financiers – il fallait en effet beaucoup d’argent pour expliquer le concept et ses utilisations au grand public, toujours un peu réticent face à l’innovation – lié à des contacts d’affaires frileux, qui n’ont pas assez cru au produit.

Il est évident, en tout cas, que le réseau de distribution de Scash ne s’est jamais vraiment étendu, se limitant à quatorze points de vente. Par ailleurs, n’étant backé par une banque, un établissement financier ou une structure de microfinance, le service Scash pouvait être accusé d’être un opérateur de monnaie électronique sans agrément BCEAO. Très rapidement concurrentdes sociétés de téléphonie mobile ayant développé des solutions du même type, Scash peut, par ailleurs, craindre des « sabotages » de son système de SMS.

Aujourd’hui, l’entreprise a pris du recul, se concentrant sur un certain nombre d’activités connexes, comme la billetterie sécurisée pour événementiels – des bracelets munis de codes-barres. Savi Détové, directeur général de S.com, est désormais prêt à mettre sa solution Scash à la disposition de partenaires dans le monde de la finance et des télécoms, à qui il a d’ores et déjà présenté sa solution, qui a pour avantage d’exister et d’avoir déjà été testée in vivo.

Par Théophile Kouamouo