Alors que le m paiement est à ses balbutiements en terre d’Eburnie, on est tenté d’y porter déjà des espoirs pour le développement de certains secteurs d’activité dont celui du commerce en ligne.

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L’Afrique francophone, particulièrement la Cote d’ivoire s’est jusque là écartée du commerce électronique pour diverses raisons dont le manque de moyen de paiement approprié. Aujourd’hui sur le net, on peut tout vendre. De la voiture au tableau d’art en passant par le plus petit fichier numérique, le prix et le volume du produit importent peu. L’association française pour le commerce et les services en ligne (Acsel) indique que plus de 11 217 milliards de FCFA ont été utilisés pour des achats en ligne en France au cours de l’année 2008, soit une progression de 33% par rapport à 2007. Ces chiffres sont inimaginables chez nous actuellement, parce que nous ne vendons pas encore sur le web.

Pourtant les potentialités ne manquent pas. Qu’est ce qu’il y’a de compliqué à vendre sur internet des sonneries de téléphones, des conseils personnalisés à distance, des fichiers numériques, des insertions publicitaires ou des pizzas à livrer dans les bureaux? Les webmarketers s’accordent à dire qu’offrir aux internautes la possibilité de payer immédiatement augmente les chances de vente, car lorsqu’ils quittent le site, ils peuvent facilement l’oublier, surtout s’ils ne laissent pas de traces (email par exemple).

Le m paiement peut permettre aux webmasters ivoiriens de proposer des produits et services aux internautes locaux. Chacun depuis l’ordinateur du cybercafé pourra ainsi acheter un abonnement numérique à Objectifs hebdo ou le téléchargement d’un logiciel professionnel. Les opérateurs du secteur peuvent aller plus loin, en créant un système de codes issus de sms surtaxés ou un système de prélèvements automatiques sur un code de rechargement inscrit sur le site marchand. Cela permettra à l’internaute ivoirien de se faire livrer aussitôt le service ou le produit numérique en toute heure, après l’achat, vu que le serveur de l’opérateur aura validé la transaction. Le webmarchand quant à lui pourra être à la plage tandis que sur son site internet des gens achètent et se font livrer automatiquement. A première vue, cette éventualité manque d’intérêts lorsqu’on considère les quelques 300 000 internautes estimés à ce jour. Cependant, si l’opérateur accepte l’achat de ses cartes de recharges en ligne via les cartes de crédits internationales telle que Visa ou Mastercard, il gagnera plus d’argent en exposant le webmarchand ivoirien aux acheteurs du monde entier.

Nous avons plus parlé de produits numériques dans nos exemples parce que la vente des produits physiques nécessite des moyens logistiques internes dont ne disposent pas nos propriétaires actuels de sites web. Quoiqu’il en soit, le potentiel du m paiement en Cote d’Ivoire est grand. Reste à voir ce que les opérateurs en feront.

Euclide Okolou de www.okibat.com