Journal de l'economie - Née de la dislocation de Palmindustrie en 1997, Palmci ne veut pas se limiter qu’à sa place de leader national de la filière oléagineuse. La société qui s’est vue attribuer trois blocs de palmeraies repartis entre 36.024 hectares de plantations industrielles et 124.318 hectares de plantations villageoises compte aujourd’hui huit unités. Important pourvoyeur d’emplois (6.398 travailleurs à fin décembre 2007),Palmci a entrepris depuis 2007 un programme de repositionnement baptisée ‘’renaissance’’.

Mission : 500.000 tonnes en quatre ans

La société qui a réalisé un bénéfice net 10,6 milliards FCFA et un résultat d’exploitation de 15 milliards, en hausse de 10 milliards, en 2008, s’est donné pour mission de faire passer sa production de 250.000 tonnes à 500.000 tonnes en quatre ans. Ainsi, le plan de développement prévoit une amélioration des capacités d’usinage, une productivité accrue des plantations industrielles et aussi un développement des plantations villageoises. palmierhuile_w
16 milliards ont été investis, chaque année en 2007 et 2008, dans la mise à niveau des usines. Et l’entreprise prévoit construire en 2009 deux nouvelles usines. L’une d’un coût de 7 milliards d’une capacité de 300.000 tonnes par an à Ehania, et une autre de 200.000 tonnes à Irobo pour un coût de 6 milliards. Ces investissements devraient permettre à Palmci, selon son DG Angora Tano, de pousser la capacité d’usinage de 1.200.000 tonnes l’an à 1.500.000 tonnes supplémentaires. Deux autres usines sont prévues en 2010 et 2011 à Boubo et Iboké. Quant à la productivité des plantations industrielles, elle devrait passer de 12,5 tonnes l’hectare en 2007 (17 en 2008), à 20 tonnes l’hectare en 2011.

Les plantations villageoises, elles, bénéficient de l’apport de nouveaux encadreurs, d’une réhabilitation du réseau des pistes, de la fourniture en engrais, outillages…

Outre la compétitivité recherchée pour faire face à la concurrence internationale, Palmci veut ainsi combler le déficit en huile de palme en Afrique de l’Ouest estimé à 500.000 tonnes en 2008.

Une restructuration nommée Redback

Palmci profite de la dynamique impulsée par le Groupe Sifca dont elle est l’une des filiales. Celle-ci a engagé une profonde restructuration de ses filiales dans le cadre d’un projet baptisé Redback. Consistant à remplacer Unilever dans les plantations par Sifca, comme actionnaire principal dans Palmci et Phci. Ce qui a permis à Palmci de bénéficier de l’apport de la joint-venture singapourienne Nauvu, formée par Olam et Wilmar, qui ont fait leur entrée dans son actionnariat. Ce projet industriel, selon le DG de Sifca et PCA de Palmci, Yves Lamblin, a pour objet de réduire les coûts de raffinage quatre fois plus élevé qu’en Asie : 40 dollars la tonne de régime en Côte d’Ivoire contre 10 en Asie.

L’entreprise qui a tenu son Assemblée générale ordinaire le 11 juin dernier a profité de l’amélioration du cours mondial de l’huile de palme brute et de l’huile palmiste sur les neuf premiers mois de l’année. Le résultat de 10,6 milliards réalisés aurait pu être meilleur s’il n’y avait pas eu des charges exceptionnelles liées au déficit en engrais, l’entretien des pistes pour les plantations villageoises et industrielles ainsi que le surcroît de consommation de pièces de rechange.

Par Jean-Louis GBANGBO