Sud Quotidien - La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) rejette toute idée de dévaluation du franc Cfa agité depuis un an compte tenu de la crise économique. Le gouverneur Philippe-Henri Dacoury-Tabley, en conférence de presse, avant-hier, jeudi 11 juin au siège de la Banque à Dakar, juge inopportun de faire recours à une telle démarche.

Le Gouverneur de la Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a donné des assurances sur les rumeurs d’une dévaluation soulevée depuis un an suite à la survenance de la crise financière internationale. Déclinant la politique monétaire que la Bceao compte mettre en œuvre dès le 16 juin prochain avec la baisse de ses taux directeurs, Philippe-Henri Dacoury-Tabley, en conférence de presse, avant-hier, a fait savoir que : « nous n’avons inclu aucune idée de dévaluation ».
Dacoury_BCEAO
Sur ce registre, le Gouverneur de la Bceao a rappelé que le franc Cfa n’a pas été la première monnaie à avoir subi une dévaluation. « Nous avons subi une seule dévaluation qui remonte à 1994. Nous nous portons bien depuis cette période ». A son avis, « Si cette idée de dévaluation revient à la surface depuis un an, je pense que c’est du fait de la crise ». M. Dacoury-Tabley de préciser : « La crise financière que nous connaissons n’est pas née dans un pays de l’Union ou un pays utilisant le franc Cfa comme monnaie. Elle vient d’ailleurs ». Avant de souligner que : « tous les pays sont aujourd’hui frappés par la crise économique qui est née de la crise financière. Mais jusqu’à présent, je n’ai vu aucun pays qui, pour contrer la crise économique, a dévalué sa monnaie ». Donc, a-t-il poursuivi, « la dévaluation n’a pas encore été retenue par un pays comme moyen de lutter contre la crise. Si ça devait être fait, c’est tous les pays qui le feraient. Je pense que les institutions internationales seraient contre cette idée ».

Concernant l’Union, le Gouverneur de la Bceao juge les fondamentaux bons. « Nous avons procédé, avant la crise et nous continuons sur cette lancée, à faire des réformes structurelles, à assainir le cadre macroéconomique et à prendre beaucoup de mesures qui ont permis à notre Union d’avoir des avancés et de connaître une croissance qui évidement sera ralentie par une crise ». Aujourd’hui, a fait savoir M. Philippe-Henri Dacoury-Tabley « nous n’envisageons pas une telle idée et puis nous avons un niveau de réserve de change assez important qui nous met vraiment à l’abri. Nous n’avons pas subi de dommage à ce niveau-là ».

Pour renforcer l’idée développer sur la dévaluation, le remplaçant de Henry Konnan Banny, a jouté que : « si les pays de l’Union se mettent à dévaluer le franc Cfa, ça ne pourrait que nous nuire davantage ». Selon lui, « Quand on dévalue, en gros, c’est pour pouvoir relancer son exportation. Aujourd’hui, concernant les exportations, il faut souligner que la demande mondiale est en baisse.

Donc si vous produisez beaucoup, qui va acheter ? Vous ne gagnerez rien et le reste les prix de vos importations vont augmenter. Non seulement vous ne gagner rien en exportant mais vous allez perdre de l’argent parce que les importations seront en hausse ». C’est ainsi qu’il a estimé qu’il n’y a aucun intérêt aujourd’hui à dévaluer. « Non seulement, nous ne sommes pas dans les conditions d’une dévaluation mais il n’y aucun intérêt à dévaluer. Ces genres de calcul n’ont pas été pris en compte dans nos exercices ».

Interpellé sur les conclusions d’un rapport du Fonds monétaire international (Fmi) qui aurait préconisé la fin de l’arrimage du franc Cfa avec l’Euro, le gouverneur de la Bceao a saisi cette occasion pour rectifier la mauvaise interprétation faite sur cette idée « émise » par cette institution de Breton Woods.

A l’en croire, « le Fmi a fait un développement en prenant deux cas : le cas de monnaie qui a un arrimage et celui de monnaie autonome. C’est en parlant de monnaie autonome que le Fmi a préconisé des mesures qui tendraient à revoir les taux de change de ces pays-là. Donc le franc Cfa n’est pas du tout visé ».

Bacary Dabo
Source SudQuotidien