L’ancien Premier ministre (malien) Mandé Sidibé (2000-2002) est décédé à Paris où il recevait des soins médicaux (ce 25 aout 2009).

C’est le 15 février 2000 que cet économiste discret et expérimenté, succède à Ibrahim Boubacar Kéita au poste de Premier ministre. Retraité de la BCEAO et conseiller spécial du président de la République, ce natif de Bafoulabé a alors 60 ans.
Du parcours académique de Mandé Sidibé, l'on retiendra qu'il a fréquenté le lycée Terrasson de Fougères (actuel lycée Askia Mohamed) avant de passer un baccalauréat d'enseignement secondaire en 1960 à l'Université de Bordeaux en France. En 1965 il est licencié en sciences économiques de la faculté de droit et des sciences économiques de l'Université de Paris. En 1974, c’est un MBA (International business) qu’il passe à l'Université Georges Washington aux Etats-Unis.

Msidibe

Il travaillait alors depuis près d’une décennie puisque c’est en 1965 qu’il est engagé comme économiste par la Banque de la République du Mali. Deux ans plus tard, le Fonds monétaire international l’embauche et l’affecte à son département Afrique, toujours comme économiste. Il y fait ses armes avant d’être nommé en 1975 représentant résident au fonds à N'Djaména au Tchad. Deux ans plus tard, retour au département Afrique du FMI mais cette fois comme économiste principal, puis chef de division.
Sollicité par la BCEAO, Mandé Sidibé quitte le FMI en 1985 pour devenir le conseiller du gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Il s’impose très vite et occupe successivement les fonctions de directeur central des relations internationales (1986-1990), secrétaire général chargé de la politique monétaire (1990-1992), conseiller spécial du gouverneur (1992-1995). Son parcours à la Banque centrale se poursuit et s’achève au poste de directeur national de la BCEAO pour le Mali.
Le privé fait alors appel à son expérience. Il est ainsi membre des conseils d'administration de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique basée à Hararé au Zimbabwe, de la Société malienne de financement (SOMAFI) et de Ecobank transnational incorporated (ETI).

Peu de temps après son départ à la retraite en 1996, ses compétences incitent le chef de l’Etat d’alors (Alpha Oumar Konaré) à lui proposer le poste de conseil spécial auprès de lui puis à lui confier en 2000 les rênes du gouvernement (ainsi que le portefeuille de l’intégration africaine).

Reconduit à la tête du gouvernement le 23 juin 2001, Mandé Sidibé qui a décidé de s’aligner à l’élection présidentielle, présente au président Konaré sa démission et celle de son équipe le 18 mars 2002. Remplacé à la primature par Modibo Keita, il se lance dans la course à la magistrature suprême. La concurrence est rude car 24 candidats se disputent les suffrages populaires ce 28 avril 2002. Mandé Sidibé se classe finalement 9è au premier tour d’un scrutin finalement gagné par Amadou Toumani Touré.

Mandé Sidibé renoue alors avec son métier de toujours : la banque. De 2003 à 2006, il retrouve son siège au conseil d’administration de Ecobank International qui regroupe 15 pays d’Afrique de l’ouest et du centre : Benin, Burkina Faso, Cameroun, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Liberia, Mali, Niger, Nigeria Sénégal et Togo. En 2006, il accède à la présidence de ce conseil d’administration, un fauteuil qu’il occupera jusqu’à son décès.

Ceux qui l'ont approché garderont de lui le souvenir d’un banquier policé, d’un homme courtois et discret, d’une personnalité qui, sous une réserve de surface, nourrissait de grandes ambitions pour son pays.

Dors en paix Mandé Sidibé.

Source: L'essor