Le Journal de l'Economie n°30 - L’effervescence des «bonus plan» emmène à s’interroger sur son éventuel impact sur le système bancaire africain et ivoirien.

Le milieu bancaire en Côte d’Ivoire et en Afrique est encore à un stade primaire, en comparaison à ce qui se passe de l’autre côté de l’Océan. Ce secteur pourrait, à première vue, ne pas se sentir concerné par le débat autour des primes mirobolantes octroyées aux patrons des banques et grandes entreprises. Les banques de cette zone ont jusque là pour habitude de pratiquer une rémunération classique, basée sur le paiement du salaire du cadre banquier, fixé lors de son recrutement. L’évolution de son salaire sera associée aux différentes promotions dont il sera l’objet tout au long de sa carrière dans l’institution financière qui l’engage. Certaines banques quant à elles, octroient petit à petit des rémunérations variables à l’ensemble de leur personnel, lorsqu’à la fin de l’année, elles constatent que ceux-ci ont permis à l’institution de dégager un bénéfice vraiment conséquent. 
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Le marché bancaire sous-regional étant fortement réglementé, les activités de trading en milieu bancaire sont quasi inexistantes. Les trésoriers de banques qui pouvaient jouer ce rôle n’ont pas la permission de risquer l’argent de leur clientèle sur certains marchés. En dehors des Sociétés de gestion d’actifs opérant très souvent sur le marché boursier local et qui sont pour la plupart des filiales de banques, les trésoriers des banques se contentent du classique marché de change dans le souci de satisfaire au besoin de conversions des devises de leurs clients. Le constat est donc clair, les traders se déchaînant dans les banques d’investissement américaines ou européennes, n’ont pas encore fait leur apparition sous nos tropiques.

Les bonus de grandes envergures n’y sont pas encore d’actualité, mais plusieurs observateurs affirment que la Côte d’Ivoire comme l’Afrique tout entière n’est pas véritablement loin de cette étape. Surtout que le phénomène de débauchage gagne énormément du terrain dans le secteur bancaire local. Le turnover de ce secteur est l’un des plus élevé, et les conditions de recrutement des cadres de banques se font de plus en plus rigides. L’environnement bancaire se dynamise, les agences se multiplient, les fusions et acquisitions sont monnaies courantes, les mécanismes de recapitalisation s’enchaînent. en gros le système bancaire est en ébullition sur le continent, il se peut donc que dans un avenir très proche, les méthodes de rémunération pratiquées par les grandes banques occidentales soient répercutées en Côte d’Ivoire par leurs filiales. Mais cela nécessitera toute une métamorphose de l’environnement bancaire actuel. Et à cet effet, l’Afrique est déjà sur la bonne voie.

LOH DAMAS

Source: Abidjan.net