Fratmat.info - La sortie du dernier rapport Doing Business de la Banque mondiale qui sera officiellement rendu public ce matin, à l'occasion du Forum tripartite (gouvernement, secteur privé, Banque mondiale), a suscité analyses et commentaires des opérateurs économiques ivoiriens regroupés au sein de la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire (Cgeci) qui représente 80% des activités du secteur privé national. La confédération note que depuis le coup d'Etat de 1999, et surtout après la survenance de la crise de 2002, la dégradation de l'environnement des affaires en Côte d'Ivoire s'est accrue, en dépit des efforts consentis par l'Etat et les autres institutions.diagou_nsia

Pour les opérateurs économiques nationaux, la réglementation actuellement en vigueur n'est pas propice à la création d'entreprise, et n'en rend pas aisé son fonctionnement. "Cette situation contraste avec le besoin de relance du secteur privé et la nécessité d'accroître le nombre d'entreprises après la période de crise qui a occasionné la disparition d'environ 35% d'entre elles, soit 7000 entreprises", note la Cgeci. Qui trouve du reste inquiétante la position qu'occupe la Côte d'Ivoire au classement Doing Business (168è sur 183 pays évalués). Mais les opérateurs économiques lient cette faiblesse de l'environnement à ce qui est pris en compte par Doing Business (temps de création d'entreprise, d'obtention de permis de construire, etc.), mais aussi à la corruption, au racket, à l'insécurité judiciaire et à l'insécurité des biens et des personnes. Toutes choses qui font entrave à la compétitivité et à la performance des entreprises en Côte d'Ivoire.

 

Parlant du racket en particulier, les hommes d'affaires ivoiriens constatent qu'il contribue au renchérissement des coûts de transport, au rallongement des délais d'acheminement, à la limitation de la capacité de vente et d'exportation, au détournement de trafic et à l'augmentation du prix des marchandises pour le consommateur. "Le racket est donc préjudiciable à l'économie ivoirienne. Il occasionne pour l'Etat, un manque à gagner estimé à 150 milliards de Fcfa environ, selon une étude de la Banque mondiale. Outre le racket, les milieux d'affaires ivoiriens tancent certaines décisions judiciaires dans les litiges commerciaux qui découragent les opérateurs déjà opérationnels.

"Le climat d'insécurité judiciaire et la méfiance créés par de telles décisions détournent les potentiels investisseurs de la destination Côte d'Ivoire, détériorent l'image du pays et réduisent considérablement son attractivité", soulignent-ils. La confédération estime par ailleurs, que l'importance des créances des entreprises vis-à-vis de l'Etat, plus de 360 milliards de Fcfa, pénalise le secteur privé ivoirien. Ce d'autant que cela contribue à l'assèchement de la disponibilité financière des entreprises. Aussi, appelle-t-elle de touts ses voeux la sécurisation de l'environnement des affaires et l'instauration d'un climat de confiance pour encourager les investisseurs déjà sur place et pour en attirer de nouveaux. Elle pense que seule une synergie d'actions entre les différents acteurs que sont l'Etat, le secteur privé, la société civile pourra, avec l'appui des partenaires au développement, aider à relever le défi.

Goore Bi H.