20 août 2009
TELEPHONIE MOBILE : Les actions s’arrachent au Burkina
Le Pays - Au Burkina Faso, le succès surprenant de la première offre publique de vente (OPV) d’actions oblige à reconsidérer les idées qui avaient cours sur l’attitude des Africains face à l’investissement et ouvre de nouvelles perspectives au financement des activités du secteur privé.
Le mois de décembre choisi par la direction de la principale compagnie téléphonique du Burkina Faso pour organiser une vente publique d’actions ne semblait pas particulièrement propice. La crise financière internationale, qui ralentissait déjà la croissance économique du pays, a conduit certains analystes à se demander s’il y aurait suffisamment de personnes pour placer leurs capitaux limités dans ce nouveau type d’investissement. Ces doutes ont été balayés à l’issue de l’opération fin janvier, les investisseurs locaux s’étant précipités pour acheter plus que le nombre d’actions émis. "Nous étions les premiers à être étonnés du nombre d’actionnaires, de l’engouement qu’il y a eu", a reconnu Alexis Lourgo, responsable de la société de services financiers qui a supervisé l’opération.

L’offre publique d’achat, la première jamais organisée au Burkina, a constitué la deuxième étape du processus de privatisation de l’Office national des télécommunications (ONATEL), la compagnie téléphonique nationale, après la vente de 51% des parts à Maroc Télécom en décembre 2006. Désireux d’élargir l’assise financière de la compagnie, ONATEL a décidé de mettre en vente 20% d’actions supplémentaires, soit 680 000 actions, au taux préférentiel de 42 000 F CFA par action pour les ressortissants burkinabè et de 45 000 F CFA pour les autres. Craignant que la souscription ne soit trop faible, les autorités s’étaient entendues au préalable avec la Société financière internationale de la Banque mondiale, qui avait accepté de s’engager à hauteur de 3% dans ONATEL, sur une augmentation de sa participation future jusqu’à 5% au cas où toutes les actions ne seraient pas vendues.
Mais au total, la demande s’est élevée à 957 820 actions, soit près de 41% supérieure au nombre d’actions offertes. Pour faire face à la situation, il a été décidé de limiter le nombre d’actions par personne ou entité et d’accorder la priorité aux Burkinabè. Au total, 4 122 souscripteurs ont participé à l’opération, dont 3 243 nationaux. La vente a rapporté 29,1 milliards de F CFA (61,7 millions de dollars) au Trésor public. "L’actionnariat populaire a commencé, a fait remarquer M. Lourgo. Il appartient à l’Etat de continuer à intéresser nos compatriotes lorsqu’il y aura des privatisations en pensant aux nationaux pour pouvoir leur céder une partie des actions afin qu’ils participent à l’effort de développement économique et social."
A la fin avril, ONATEL est devenu la première société installée au Burkina à être cotée à la Bourse régionale de l’Afrique de l’Ouest francophone à Abidjan (Côte d’Ivoire). Cette cotation a permis à ceux qui avaient acheté des actions de les revendre, et à ceux qui avaient manqué l’offre initiale d’en acheter. Au cours de la première journée de transaction, quelque 1 200 actions ONATEL ont été négociées à 47 900 F CFA chacune, montant bien plus élevé que le prix de départ.
L’engouement suscité par la vente publique d’actions ONATEL donne à penser que l’absence d’une tradition de l’actionnariat public ne constitue pas un handicap insurmontable à la mobilisation des capitaux nationaux. D’autres sociétés, toutefois, risquent d’éprouver plus de difficultés.
Comme ailleurs en Afrique, les télécommunications constituent un secteur particulièrement dynamique au Burkina. Le nombre d’abonnés au téléphone mobile a fait un bond de près de 63% en 2008, passant d’environ 1,9 million l’année précédente à plus de trois millions (chiffre bien supérieur aux abonnés aux lignes fixes, dont le nombre s’élevait à 145 301). La filiale de téléphonie mobile d’ONATEL représente 34% de cette part de marché, se plaçant en deuxième position après la compagnie koweïtienne ZAIN, qui compte la moitié de tous les abonnés.
Ernest Harsch, Afrique Renouveau/ONU
10 août 2009
Brvm Hebdo : La Sonatel et Onatel avancent bien
La Brvm débute le mois d’Août dans le rouge. Ses indices de référence, le Brvm 10 et le Brvm composite terminent la semaine en perdant respectivement 2.19% à 141.56 points et 1.94% à 135.56 points.
En tête des chutes cette semaine, se trouve le titre qui avait gagné 75% le mois dernier. Shell Cote d’Ivoire a cédé 24.74% à 22 200 FCFA. Cela rappelle un souvenir ou l’année passée, quasiment dans la même période, ce titre avait fait un aller retour entre 35 000 FCFA et 70 000 FCFA en moins d’un mois.
Après la locomotive se trouve Ecobank. Le cours de la banque panafricaine a chuté de 10% à 45 FCFA. Suivi de Cfao qui a cédé 7.32% à 25 700 FCFA. Sur toute l’année, elle a déjà perdu 18.41%.
Unilever continue de patauger en dessous de 60 000 FCFA. Elle est repassée à 56 800 FCFA. L’on se demande si sa chute est liée au départ de M Desenfans de sa direction. Maintenant, que son remplaçant est connu, on saura cette semaine ce que le marché en pense.
Le plus grand de la semaine est l’œuvre de Sivoa qui a gagné 8.11% à 8 800 FCFA. Suivi de la Sgbci et ses + 2.85% à 40 115 FCFA.

Sda a publié son résultat semestriel, qui affiche un résultat avant impôt en baisse de 80.47% par rapport au 1e semestre 2008, passant de 1192 millions à 389 millions. Cela est du à la baisse des achats d’automobiles et à la forte concurrence des importateurs indépendants. Il faut s’attendre à ce que progressivement, le marché. Je doute que les éléments à considérer pour le succès du 2e semestre, puissent l’aider à égaler le résultat de l’année passée. Il est fort probable que Cfao et Sari soient également affecté par ce contexte.
Sonatel a son niveau est plus positive, avec un résultat net en croissance de 64% par rapport au premier semestre 2008. Ce qui est une bonne nouvelle pour ses actionnaires. Reste à voir comment est ce que le marché va saluer cette info. Rappelons que le cours de l’action Sonatel flirtait avec 200 000 FCFA au premier semestre de l’année passée.
Son homologue burkinabé, l’Onatel affiche un résultat des activités ordinaire en croissance de 145% avec de bonnes perspectives pour le deuxième semestre. Son financier que j’ai pu joindre m’a rassuré qu’il y’aura bel et bien un dividende à la fin de cet exercice. Toutefois, je doute que ce dividende atteigne 5 000 FCFA. Alors, pour le moment, je suis pas prêt à payer l’action Onatel au dessus de 50 000 FCFA. C’est mon avis
Euclide Okolou
